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rachid 


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source : http://sounna.com/spip.php?article19&var_recherche=sunna albani

L’importance de la Sunna dans la législation islamique



La fonction de la Sunna vis-à-vis du Coran.

Vous savez tous qu’Allah a élu Muhammad صلى الله عليه وسلم en le gratifiant de la prophétie et qu’Il l’a distingué en lui confiant Son message. Il a donc fait descendre sur lui Son livre, le Noble Coran, dans lequel Il lui a ordonné -entre autres commandements- de l’expliquer aux gens. Ainsi a-t-Il dit :



« ... et Nous avons fait descend sur toi le Coran afin que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux... »

Sourate Les Abeilles, Verset 44



Mise en évidence qui, selon moi, est de deux sortes :

a) La première est celle du texte et de ses règles, autrement dit : la transmission du Coran sans en cacher la révélation et sa récitation à la communauté tel qu’Allah le lui a révélé. Ce qui correspond à la signification du verset dans lequel nous pouvons lire :



« Ô Messager ! Transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son Message... »

Sourate La Table, Verset 67



‘Â’isha (qu’Allah l’agrée)a d’ailleurs dit dans l’un de ses hadiths : « Celui qui vous relate que Muhammad a dissimulé une chose qu’il avait reçu l’ordre de transmettre a proféré là un énorme mensonge. » Suite à quoi elle a cité le verset ci-dessus mentionné. Une version de l’Imâm Muslim rapporte cet autre propos de ‘Â’isha (qu’Allah l’agrée) :
« Si vraiment le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم avait voulu dissimulé une chose qu’il avait reçu l’ordre de transmettre, il aurait caché la parole d’Allah suivante : « Quand tu disais à celui qu’Allah avait comblé de bienfait, tout comme tu l’avais comblé : « Garde pour toi ton épouse et crains Allah », et tu cachais en ton âme ce qu’Allah allait rendre public. Tu craignais les gens et c’est Allah qui est plus digne d’être craint... »



b) La seconde est celle du sens des mots, des phrases ou des versets que la communauté a besoin de voir explicités. Ce qui a lieu le plus souvent avec les versets à signification sommaire (Al Mujmal), générale (Al ‘Âmm) et absolue (Al Mutlaq) que la Sunna se charge respectivement d’expliciter, de spécifier et de restreindre. Et ces trois opérations se font par le biais de la parole du Prophète, de sa pratique ou de son approbation. Le verset dans lequel Allah nous dit :

« Le voleur et la voleuse, à tous deux coupez la main... »

Sourate La Table, Verset 38



illustre très bien ce point. En effet, le terme « As-Sâriq »(voleur) a, tout comme le terme « Al Yad »(main), une portée absolue. Dans le premier cas, c’est la Sunna orale qui est venue clarifier cette portée en la restreignant au « voleur qui dérobe le quart d’un dinar ». Le Prophète صلى الله عليه وسلم dit ainsi : « La main n’est coupée que pour le vol d’un quart de dinar et plus ».

Rapporté par Al Bukhâri et Muslim



C’est également la Sunna -par le biais de la pratique et de l’approbation du Prophète صلى الله عليه وسلم ou de la pratique des compagnons- qui a explicité celle du second terme puisque ces derniers avaient en effet pour usage de couper la main du voleur au niveau du poignet ainsi que cela est bien connu dans les ouvrages de hadiths. Et c’est encore elle qui a clarifié le sens du terme « Al Yad » cité dans le verset du Tayammum (ablution seche):



« ...et passez-vous-en sur le visage et les mains... » Sourate Les Femmes, Verset 43




en précisant qu’il s’agit bien de la main. Le Prophète dit à ce propos : « Le Tayammum consiste à frapper une fois [la terre] pour le visage et les mains (Al kaffayn) » .

Et voici d’autres versets qu’il est impossible de comprendre correctement sans recourir à la Sunna :

1) « Ceux qui ont cru et n’ont troublé la pureté de leur foi d’aucune injustice (zulm), ceux-là ont la sécurité et ce sont eux les bien-guidés. »

Sourate Les Bestiaux, Verset 82



Il s’avère que les compagnons comprirent « Az-Zulm » (injustice) au sens général du terme qui englobe tous les types d’injustices, fussent-elles mineures. Ainsi dirent-ils au Prophète صلى الله عليه وسلم : « Ô Messager d’Allah ! Qui d’entre nous n’a pas entaché sa foi de quelque injustice ? » Et celui-ci de leur répondre : « Il ne s’agit pas de cela, mais uniquement de l’associationnisme (Ash-Shirk). N’avez-vous donc pas entendu la parole de Luqmân : « Ô mon fils ! Ne donne pas d’associé à Allah car l’associationnisme est vraiment une énorme injustice »

Rapporté par Al Bukhâri, Muslim



2) « Et quand vous parcourez la terre, ce n’est pas un péché pour vous de raccourcir la prière si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l’épreuve... »

Sourate Les Femmes, Verset 101

Le sens apparent du verset indique ici que le raccourcissement de la prière en voyage est conditionné par l’existence d’une situation de peur et d’insécurité. C’est ce qui explique que certains compagnons interpellèrent le Prophète صلى الله عليه وسلم en lui disant : « Qu’avons-nous à écourter [les prières] alors que nous vivons [à présent] en sécurité ? » Ce à quoi le Prophète صلى الله عليه وسلم répondit : « C’est là une aumône de la part d’Allah. Acceptez donc Son aumône. »

Rapporté par Muslim




3) « Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang... »

Sourate La Table, Vetset 3



Dans ce cas, la Sunna a mis en évidence le statut licite lié à la consommation du criquet et du poisson retrouvés mort et, en ce qui concerne le sang, de celle du foie et de la rate. Le Prophète صلى الله عليه وسلم dit ainsi : « Deux bêtes mortes et deux « sangs » nous ont été rendus licites : le criquet et le poisson, ainsi que le foi et la rate ».



4) « Dis : « Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve rien dont la consommation a été interdite à qui que ce soit si ce n’est la bête trouvée morte, le sang qu’on a fait couler, la chair de porc -car c’est une souillure- ou ce qui par perversité a été sacrifié à autre qu’Allah... »

Sourate Les Bestiaux, Verset 145



C’est la Sunna qui est ensuite venue stipuler l’interdiction relative à des aliments non évoqués dans ce verset. Ainsi le Prophète صلى الله عليه وسلم a-t-il dit : « tous les prédateurs à défenses et tous les oiseaux à serres sont illicites » .
D’autres hadiths contenant cette interdiction existent comme celui dans lequel le Prophète صلى الله عليه وسلمnous dit : Allah et Son Messager vous proscrivent les ânes domestiques car ils sont malsains ».

Rapporté par Al Bukhâri et Muslim



5) « Dis : « Qui a interdit la parure qu’Allah a produite pour Ses serviteurs ainsi que les bonnes nourritures... »

Sourate Al A‘râf, Verset 32



Là encore, la Sunna a mis en évidence que tout n’est pas permis en termes de parure. Il est en effet avéré que le Prophète صلى الله عليه وسلم sortit un jour au devant de ses compagnons avec de la soie dans une main et de l’or dans l’autre, et qu’il leur dit : « Ces deux choses sont illicites pour les hommes de ma communauté et autorisées pour leurs femmes » .
Sachant que les hadiths allant dans ce sens abondent et sont bien connus dans les deux « Sahîhs »(mouslim et boukhari) et dans les autres ouvrages.

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rachid 


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Bien d’autres exemples, connus des spécialistes du hadîth et de la jurisprudence, existent à ce niveau. Et ce qui précède nous met clairement en évidence l’importance de la Sunna dans la législation islamique. Ainsi, lorsque l’on s’attarde sur les exemples précédemment cités -sans parler de ceux que nous n’avons pas évoqués- on acquiert la certitude qu’il est impossible de parvenir à une compréhension [correcte] du Coran sans recourir simultanément à la Sunna.

Dans le premier cas, on s’aperçoit en effet que les compagnons ont compris le terme « Az-Zulm »(injustice) selon sa signification apparente. Et même s’ils étaient -ainsi que les a décrits Ibn Mas‘ûd- « les plus éminents et les plus vertueux membres de la communauté, ceux dont la connaissance était la plus profonde et qui s’imposaient le moins de choses », ils ont buté sur ce terme dont ils ont eu une compréhension erronée.
Ne fut-ce donc la présence du Messager صلى الله عليه وسلم qui les corrigea et les guida vers la véritable signification de cette « injustice » qui désigne ici l’associationnisme, nous leur aurions emboîté le pas et aurions commis la même erreur. Mais Allah nous a préservé d’une telle chose grâce à l’orientation du Prophète صلى الله عليه وسلم et de sa Sunna.

De même pour le second exemple : ne fut-ce le hadith que nous avons cité, nous resterions au minimum perplexes quant à la possibilité, en voyage, d’écourter les prières en temps de paix et de sécurité. Nous serions peut-être même allés jusqu’à conditionner cette pratique à la peur et l’insécurité, ainsi que cela apparaît à première vue dans le verset et ainsi que l’auraient compris les compagnons s’ils n’avaient pas vu le Prophète -et eux avec lui- agir de la sorte en temps de paix.

L’absence du hadith [que nous avons cité] dans le troisième cas nous aurait ici amenés à déclarer illicites des « bonnes choses » qui nous sont pourtant autorisées, à savoir : le criquet et le poisson d’une part, et le foie et la rate d’autre part. Et de la même façon, sans les hadiths mentionnés dans le quatrième exemple, nous aurions déclarés cette fois licites des choses qu’Allah nous a proscrites par le biais de Son Messager صلى الله عليه وسلم, à savoir : les prédateurs à défenses et les oiseaux à serres. Idem enfin dans le dernier exemple où nous aurions permis le port de la soie et de l’or ( a l'homme ).

Et c’est d’ailleurs de là que vient cette formule en usage chez les salafs qui disaient : « La Sunna statue sur le Livre ».

L’égarement de ceux qui se contentent uniquement du Coran au détriment de la Sunna

Il est cependant attristant de constater que certains exégètes et auteurs contemporains en arrivent, en se fondant uniquement sur le Coran, à juger licite la consommation des prédateurs à défenses ainsi que le port de l’or et de la soie (pour l'homme). Plus attristant encore est l’existence, actuellement, d’un groupe dont les membres s’auto désignent par l’appellation « Al Qur’âniyyûn » (coranistes) et dont la démarche consiste à interpréter le Coran sur la seule base des passions et de la raison, sans recourir pour cela à la Sunna authentique. Celle-ci est donc subordonnée chez eux à leurs passions. Qu’elle concorde avec leur opinion et ils s’y agrippent ; mais qu’il n’en soit pas ainsi et ils la rejettent.

Or, on serait presque tenté d’affirmer que c’est à cette tendance que le Prophète صلى الله عليه وسلم faisait allusion lorsqu’il a dit : « Que je ne trouve personne qui, allongé sur son divan et recevant un ordre ou une interdiction de ma part, réponde en disant : « Nous suivons ce que nous trouvons dans le Livre d’Allah » .

Rapporté par Al Bukhâri

Une version d’un autre rapporteur mentionne que le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « ...« Ce que nous y trouvons d’illicite nous le déclarons illicite. » [Que l’on sache] que j’ai reçu le Coran et son équivalent avec ».
Une troisième version précise enfin qu’il a ajouté : « Certes, ce que le Messager d’Allah déclare illicite est identique à ce qu’Allah déclare illicite ».

Mais plus attristant que tout, ce propos émanant d’un éminent auteur qui affirme -dans l’introduction de l’un de ses ouvrages consacré à la législation et au dogme islamique- ne s’être référé qu’au Coran pour l’écrire !! Ce hadith authentique prouve donc de façon catégorique que la Législation islamique n’est pas composée du seul Coran, mais bien du Coran et de la Sunna. Dès lors, quiconque [affirme] se fonder sur l’une seule de ces deux sources ne se fonde en fait sur aucune d’elles puisque toutes deux ordonnent de se référer à l’autre. Allah dit en effet :

« Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Allah.. »

Sourate Les Femmes, Verset 80

« Non ! Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décrété tout en se soumettant pleinement [à ta sentence] »

Sourate Les Femmes, Verset 65

« Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son Messager ont décidé d’une chose, d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager s’est certes égaré de façon évidente ».

Sourate Les Coalisés, Verset 36

« Prenez ce que le Messager vous apporte. Quant à ce qu’il vous interdit, abstenez-vous-en... »

Sourate Al Hashr, Verset 7

Et il me plaît en cette occasion d’évoquer cette anecdote vérifiée de source sûre et concernant Ibn Mas‘ûd (qu’Allah l’agrée). Une femme se présenta à lui et lui dit : « Est-ce bien toi qui affirme qu’Allah maudit celles qui épilent les sourcils, celles qui se les épilent, celles qui tatouent... ».
Ce à quoi il répondit : « Effectivement ».
Et la femme de reprendre : « J’ai lu le Livre d’Allah d’un bout à l’autre et je n’ai pas trouvé ce que tu affirmes là ».
Ibn Mas‘ûd lui dit alors : « Tu l’aurais pourtant trouvé si tu l’avais réellement lu. N’es-tu pas tombée sur ce propos : « Prenez ce que le Messager vous apporte... » « Bien sûr ! », répondit-elle.
Suite à quoi Ibn Mas‘ûd lui dit : « Eh bien, [saches que] j’ai entendu le Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم dire : « Allah maudit celles qui épilent les sourcils, celles qui se les épilent... » »


Authentifié par Al Bukhâri et Muslim

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rachid 


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L’insuffisance du recours à la langue dans la démarche de compréhension du Coran



Il apparaît clairement, d’après ce qui précède, que nul ne peut prétendre -et ce, quelque soit son degré de maîtrise de l’arabe et de ses procédés littéraires- parvenir à une compréhension correcte du Coran sans s’appuyer pour cela sur la Sunna orale et pratique du Prophète صلى الله عليه وسلم.
En effet, personne n’a jamais surpassé les compagnons dans la connaissance de l’arabe dans lequel le Coran leur est parvenu. En outre, cette langue n’avait pas encore été entachée par l’introduction des termes étrangers, des dialectes et autres barbarismes. Or, et parce qu’ils se basèrent uniquement sur la pratique qu’ils en avaient, tout ceci ne les a pas empêchés de faillir dans leur compréhension du verset précédent.
Il est donc évident que plus la connaissance de la Sunna par une personne est grande, plus cette dernière est -en comparaison à quelqu’un qui en est ignorant- apte à parvenir à une compréhension correcte du Coran et à en extraire des prescriptions.
Que dire alors de cette même personne si nous avions à la comparer à quelqu’un qui ne se fonde même pas sur la Sunna et ne lui accorde pas la moindre attention ? C’est pourquoi nous trouvons, parmi les principes de bases sur lesquels il y a unanimité entre les savants, que l’exégèse du Coran doit s’opérer par le biais du Coran lui-même et de la Sunna, puis à l’aide des propos des Compagnons, etc...
(voir : http://www.forumreligion.com/t948-la-methode-de-l-exegese-coranique-d-apres-ibn-kathir#31725 )

Il est dès lors possible d’avoir une vision claire de l’égarement des adeptes de la théologie spéculative (Ahl-ul Kalâm) -anciens et contemporains- et de leur contradiction à l’égard de nos pieux prédécesseurs tant au niveau de leurs croyances que de leurs prescriptions. On peut en effet situer cet égarement dans :



  1. Leur éloignement vis-à-vis de la Sunna et leur méconnaissance à ce niveau.
  2. Le recours à l’arbitrage de leurs facultés rationnelles et de leurs passions dans l’approche, entre autres, des versets relatifs aux attributs divins.
Et quel meilleur propos que celui contenu dans le commentaire de la profession de foi de l’Imâm At-Tahâwi (rahimahullah) où il nous est en effet donné de lire :
« Comment quelqu’un n’ayant pas étudié les fondements de la religion à partir du Coran et de la Sunna mais plutôt de telle ou telle personne peut-il se prononcer à ce niveau ? Car quand bien même il prétendait puiser ces connaissances du Livre d’Allah, [le fait est] qu’il n’étudie pas l’exégèse coranique sur la base des hadiths du Prophète صلى الله عليه وسلم, et des propos qui nous ont été rapportés -par des individus de confiance rigoureusement sélectionnés par les critiques en science du hadith- de la part des compagnons et de ceux qui les ont suivis en bien parmi la génération suivante. Ceux-ci ne nous ont en effet pas uniquement transmis les règles du Coran mais également sa signification. Par ailleurs, ils n’apprenaient pas le Livre d’Allah comme le font les enfants mais ils joignaient simultanément à cet apprentissage celui du sens [des versets]. Quiconque n’adopte pas la même méthodologie ne peut donc s’exprimer sur le Coran que sur la base de son opinion personnelle. Et quiconque s’exprime sur la base de son propre avis et de ce qu’il pense faire partie intégrante de la religion d’Allah commet un péché, quand bien même son propos s’avérait juste. Par contre celui qui puise son propos du Coran et de la Sunna se voit récompensé même s’il s’avère s’être trompé, et sa récompense est doublée s’il a vu juste ».

Plusieurs choses nous incombent dès lors :

  1. Nous soumettre pleinement au Messager صلى الله عليه وسلم et à son commandement.
  2. Accepter et croire à toutes les informations nous provenant de ce dernier sans nous y opposer sur la base de fantasmes pseudo-rationnels, sans leur imputer la moindre ambiguïté ou le moindre doute, et sans faire passer les opinions des hommes et les immondices de leur pensée avant elles.
Ainsi devons-nous donc exprimer son unicité صلى الله عليه وسلم : en consentant à recourir à son arbitrage et en nous soumettant pleinement [à son commandement]. Et ce, au même titre que nous exprimons l’unicité de Celui qui l’a dépêché en L’adorant, en nous soumettant et en nous humiliant devant Lui, en revenant vers Lui et plaçant notre confiance en Lui. Il incombe donc à tous les musulmans de n’établir aucune distinction entre les deux sources que sont le Coran et la Sunna en ce sens qu’il est impératif de se fonder simultanément sur chacune d’elles et d’établir la législation sur leurs bases. C’est cette démarche qui est en effet à même de les préserver de dévier ici et là et de ne pas faire machine arrière. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a d’ailleurs clairement exprimé ce point en disant : « Je vous ai laissés deux choses. Tant que vous vous y maintiendrez, vous ne vous égarerez pas : le Livre d’Allah et ma Sunna. Et jamais ils ne se sépareront, jusqu’à ce qu’ils soient mis sur le fleuve des Prophètes (Al Hawd) ».

Rapporté par Mâlik et par Al Hâkim


Remarque importante

Il me paraît évident d’insister sur le point suivant :
La Sunna qui possède cette importance dans la législation [islamique] est uniquement celle qui a été vérifiée -par des méthodes d’investigation scientifiques et sur la base de chaînes de transmission authentiques connues des spécialistes du hadith et de ses narrateurs- comme émanant du Messager d’Allah. Ce n’est pas celle qui se trouve dans les divers ouvrages d’exégèse coranique, de jurisprudence, d’incitation et d’intimidation, d’exhortation, etc... En effet, cette littérature regorge de hadiths faibles (Da‘îfs), rejetés (munkar) et forgés (Mawdû‘) que l’Islâm désavoue même totalement pour certains comme celui de Hârût et Mârût ou le récit d’Al Gharânîq.
J’ai d’ailleurs écrit et publié une épître entièrement consacrée à l’invalidation de ce récit. J’ai en outre entrepris le travail de citation des sources (Takhrîj) d’une grande partie de ces hadiths dans mon ouvrage intitulé « Silsilatul Ahâdîth Ad-Da‘îfa Wal Mawdû‘a Wa Atharuha As-Sayyi’ ‘Alal Umma ».
Leur nombre s’élève à présent à environ quatre mille mais seulement cinq cent d’entre eux ont fait l’objet d’une publication.

Il incombe donc aux gens de science -et cela vaut surtout pour ceux qui propagent et diffusent leur savoir et leurs avis juridiques (fatawas)- de ne tenir compte d’un hadith qu’après s’être assurés que celui-ci est avéré. Car les ouvrages de jurisprudence auxquels ils se réfèrent sont remplis, et cela est bien connu des savants, de hadiths faibles et rejetés ou sans fondement aucun. J’avais d’ailleurs entrepris un projet d’une importance capitale selon moi et qui aurait pû s’avérer très profitable pour les personnes qui s’occupent plus particulièrement de la jurisprudence. Je l’avais intitulé : « Les hadiths faibles dans les ouvrages de jurisprudence de référence » en m’intéressant aux titres suivants :


  1. « Al Hidâya » d’Al Marghînâni pour ce qui est de l’école hanafite.
  2. « Al Mudawwana » d’Ibn Al Qâsim pour l’école mâlikite.
  3. « Charh Al Wajîz » d’Al Râfi‘i pour ce qui est du droit châfi‘ite.
  4. « Al Mughni » d’Ibn Qudâma pour l’acole hanbalite.
  5. « Bidâyatul Mujtahid » d’Ibn Rushd Al Andalûsi dans la discipline du droit comparé.

Malheureusement, il ne m’a pas été donné de l’achever en raison de sa non publication par la revue « Al Wa‘yul Islâmi Al Kuwaytiyya » qui l’avait pourtant bien accueilli et m’avait promis de s’en charger après en avoir pris connaissance. Mais peut être aurai-je une autre occasion, in shâ Allah, d’établir -pour nos frères s’occupant spécifiquement de l’étude de la jurisprudence- une méthodologie scientifique précise qui puisse les aider et leur faciliter l’accès à la connaissance du degré d’authenticité de tout hadith, et ce :



  1. En consultant les ouvrages de référence auxquels il est impératif d’avoir recours à ce niveau.
  2. En mettant en évidence les spécificités et les avantages de chacun de ces ouvrages, tout en précisant ce sur quoi on peut se fonder [parmi les hadiths qu’ils contiennent]


PS: صلى الله عليه وسلم = paix et salut sur lui.

un musulman, chaque foi qu'il nomme un prophete, rajoute habituellement cette forme de priere (que ce soit pour MOHAMAD , JESUS, MOISE......)

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