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1Les Grandes Figures Musulmanes le Lun 16 Mai - 21:07

Salâh Ed-Dîn 


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Ibnou rochd  Il est dit Ibn Rochd mais il est plus connu en Occident sous son nom latinisé d'Averroès, de son nom complet Abu al-Walid Muḥammad ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn Aḥmad ibn Rošd, est un médecin, juriste et philosophe arabe, né à Cordoue en Espagne en 1126.
 
La ville est alors un lieu d’intense activité intellectuelle. Sa famille était connue et respectée; son grand-père et son père avaient été grands qaadi (magistrat) à Cordoue. Ibn Rochd acquit une formation solide, par des maîtres particuliers.
Il commence par l’étude du Coran, de la grammaire, de la poésie, de l’écriture et des rudiments de calcul.
Il est initié par son père qui était lui-même juge à Cordoue, à la jurisprudence musulmane, selon laquelle le religieux et le juridique ne se dissocient pas. Après une bonne formation religieuse il étudia d’autres branches du savoir, la physique, l’astronomie, la médecine, les mathématiques.
 
Il apprit la philosophie et le droit sous la direction d’Abu J’afar Haroon et d’In Bajja, et la médecine sous celle d’Avenzoar.
Il devient par la suite, grand Cadi à Séville, écrit des livres de droit et devient Médecin de l’émir Almohade à Marrakech en 1182. 
Mais ce sont ses commentaires sur Aristote qui le rendront célèbre. 
Il consacre toute sa vie à l’oeuvre du philosophe grec. Il cherche à en retrouver le sens originel en la débarrassant de toutes les interprétations faites jusque-là.
 
Ibn Rochd tenta d’assurer, une fois pour toutes, l’indépendance de la philosophie vis-à-vis de la théologie islamique, notamment en réfutant les thèses d’Al-Ghazämi.
 
Sa doctrine, si elle s’efforçait de ne pas entrer en conflit direct avec la théologie orthodoxe, tentait de situer le dogme religieux et la philosophie sur deux plans différents. Selon lui, la « révélation » coranique pouvait s’expliquer de deux façons différentes, l’une purement religieuse, l’autre de nature philosophique et presque psychanalytique. Il en arrivait, de la sorte, à créer l’équivoque de la «double vérité».
 
Ses doctrines philosophiques soulèveront des débats passionnés dans le monde chrétien et trouveront presque autant de disciples que d’opposants. La tendance à séparer la raison et la foi comme relevant de deux ordres de vérité distincts risquait de ruiner les efforts de ceux qui voulaient au contraire concilier, à travers Aristote, le savoir profane et la foi révélée.
Les principes d’Averroès considérés comme dangereux seront finalement condamnés par l’Église en 1240, puis en 1513. C’est dire l’influence considérable du philosophe arabe en Occident, notamment dans les écoles médiévales.
Condamné en son temps par la religion musulmane qui lui reproche de déformer les préceptes de la foi, Averroès doit fuir, se cacher, vivre dans la clandestinité, jusqu’à ce qu’il soit rappelé à Marrakech, où il meurt, réhabilité, en 1198.
Un examen attentif de ses travaux médicaux et philosophiques montre qu’Averroes était un homme profondément religieux ayant une bonne connaissance du Coran et des traditions enseignées par le Prophète auxquelles il fait souvent référence. Ainsi on trouve dans ses écrits cette phrase: « Quiconque étudie l’anatomie augmente sa foi dans l’omnipotence et l’unité de Dieu Tout Puissant ».
Bien qu’il eut été condamné par les musulmans et les chrétiens, ses « Commentaires » furent traduits en hébreu puis en latin (aux XIIIe et XIVe siècle). Ils auront un grand retentissement jusqu’à la Renaissance.
Ibn Rochd tenta surtout de démontrer l’accord de la foi et du savoir en élaborant une hiérarchie fonctionnelle des différents arguments. Loin d’être antinomiques, les discours exhortatifs pour la population, pour les interprètes du Livre et les savants, pourront se concilier dans un but commun : la connaissance.
Il est mort le 10 décembre 1198 à Marrakech, au Maroc.
 
Sources : R.Arnaldez, Averroes, un rationaliste en Islam, Balland, coll « Le Nadir », Paris, 1998 (2e édition)

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bu-l-Alla Al-Maari, Abul ʿAla Al-Maʿarri1 ou Aboulala el-Maʿarri  (973-1057est un grand poète syrien de langue arabe, connu pour sa virtuosité, pour l'originalité et le pessimisme de sa vision du monde. En effet, ses poèmes philosophiques sont construits sur la base d’une tristesse existentielle profonde, faisant du pessimisme une ligne de conduite et le départ de toute réflexion philosophique

un grand poète arabe, aveugle et pessimiste, sceptique et croyant, qui apparaît aujourd’hui, à travers ses deux recueils de poésie,les Luzûmiyyât et Saqt al-Zand, comme un penseur qui a posé avec pertinence les problèmes de notre monde. Nourri de culture grecque, il a foi en la raison suprême, unique guide pour les humains dans leur éternelle recherche du bonheur, déjà végétarien en son temps par respect pour la nature, penseur pour qui le doute et le pessimisme étaient centraux dans sa réflexion,

par ailleurs inspirateur, dit-on, de La comédie divine de Dante; Al-Moutanabbi, Omar Khayyâm, Abu Nawas, Al Jahiz, Ibn Tofayl, Al Farabi, Al Khansaa, Abou-Tammam, Al-Buhturi, etc.,

 
Un très beau texte de notre grand philosophe et intitulé غير مجدٍ ,"Ghayrou moudjdine".
Ce texte est le reflet de la vision pessimiste de la vie du philosophe, vision qui caractérise la pensée de l'auteur de "Rissalat Al Ghofrane" ou "l'Epître du Pardon", œuvre philosophique majeure audacieuse et grandiose, qui sort des chemins battus, et qui a valu à son auteur bien des critiques sur son attitude de libre-penseur intelligent et irréductible. 

Peu importent à mes convictions et à mes croyances,
Les pleurs d’un malheureux ou les mélodies d’un chanteur.
Est-il en train de pleurer ou de chanter,
Ce pigeon qui roucoule sur sa branche d’arbre ?
La tristesse de la mort vaut les milliers
De joies qui célèbrent les naissances.
Ami, vois ces tombes qui comblent ces immensités,
T’es-t-tu demandé où sont celles qui datent du temps de 3Ad ?
Assouplis ta marche, car tes pieds foulent
Des sols formés par les corps des disparus.
Alors déplaces-toi si tu peux doucement dans les airs,
Afin de ne pas piétiner les restes des humains.
Que de tombes se sont multipliées infiniment,
Se moquant des bousculades d’êtres de toutes sortes.
La vie n’est que lassitude permanente,
Etonnants ceux qui aspirent à vivre plus longtemps !
 
 

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Salâh Ed-Dîn 


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Abu Al-Tayyib Ahmed ibn Al-Hussein, 303–354 après l'Hégire), plus connu sous le nom d'Al-Mutanabbi (Prophète autoproclamé), est probablement le plus grand poète arabe de tous les temps. Il vécut une vie courte et troublée d'environ 50 ans. Il naquit en Irak mais voyagea beaucoup, sillonnant la Syrie et l'Égypte puis retournant en Irak et en Perse en quête de récompenses politiques et économiques. Fier au point d'être arrogant et critique de ses ennemis, il fut assassiné après avoir été attaqué par des brigands dans le désert irakien...
Il est considéré comme l’un des poètes les plus talentueux de la littérature arabe.Il manie le verbe avec habileté et art. C’était un rival de Abu Firas Al hammadani.
Tous les deux courtisaient Sayf Al Daoula.
Son aisance dans la maîtrise des subtilités de la poésie et son éloquence exceptionnelle  
Al Moutanabbi est allé puiser au fond de lui-même et au plus profond de ses ressources poétiques le sens de l'observation pour explorer la vie, et il a réussi à énoncer spontanément la loi de la réalité immédiate et concrète de l'existence. Sa philosophie est guidée par des dispositions naturelles, puisant leur essence, non pas de ses expériences ou de sa culture, mais de la conception qu'il a de la vie.
L’impression que l'on a lorsqu'on se trouve en sa compagnie est celle d'une force de caractère et d'une fière virilité qui sautent aux yeux et qui se dégagent de tous ses poèmes.
Néanmoins, ces deux traits ne sont pas exposés chez lui avec la fierté triviale de nombre de poètes à qui l'on sourit quelquefois quand ils exposent leur marchandise, mais avec la fierté d'un homme qui impose le respect et que l'on ne peut pas ne pas révérer.
On est obligé de lui accorder un coin privilégié de son coeur et de lui réserver une place de choix dans sa mémoire pour apprendre ses poèmes et pouvoir entonner ses hymnes à la gloire, comme si l'on était à sa place. Cette fierté retrace l'état d'esprit du poète qui rêve de prestige, sans essayer de s'engager dans les chemins qui y mènent.
Quand il s'adresse aux rois et aux princes, il ne descend jamais de son piédestal qui lui donne l'impression qu'il est à leur niveau. Il est persuadé de sa grandeur comme on peut le constater quand il dit:
Mon coeur exerce d'un roi le pouvoir souverain
Même si ma langue de poète est celle du commun.

Fierté candide. Fierté d'un homme qui ressent quelque chose au-dedans de lui-même; car, n'oublions pas qu'il a toujours recherché le prestige et caressé l'image fuyante de la gloire, mais il n'en était gratifié que d'une portion réduite, qu'il jugeait bien en deçà de ses mérites.
Sa fierté ne l'autorisait pas à se targuer d'un prestige au rabais, mais elle l'incitait à parler de lui-même comme s'il était en possession de tous les atouts du prestige et de la grandeur; et c'est ainsi qu'il a parlé avec fierté de sa virilité, mis sa force en exergue et veillé à confondre tous ceux qui osaient se dresser sur son chemin.
Que saura-t-il celui qui se joindra à notre assemblée
Que je suis le meilleur, parmi ceux qui sont venus
Je suis celui que (même) l'aveugle lit ce que j'écris
Et celui que (même) le sourd entend lorsque que je dis !
Je dors serein loin des tumultes de la vie
Au moment où les autres veillent en se tourmentant
Les chevaux, la nuit et le désert savent tous, qui je suis
Ainsi que l'épée, la lance, le parchemin et la plume !
Que de défauts vous nous chercheriez mais nos imperfections vous ne trouveriez…
Vos allégations ne sont admises ni par Allah ni par l'hospitalité
Notre honneur s’élève loin de vos soupçons
Et je demeure une étoile même en vieillissant


Sur la société il disait :
Les hommes sont à la dimension de leurs actes
C'est à la mesure de leur grandeur que leurs actes sont grands !
Aux yeux des petits, les petites choses sont immenses !
Pour les grandes âmes, les grandes choses sont petites !
Seul et partout sans ami. Quand l'objet que l'on cherche est sublime, qui peut aider à l'atteindre ?
Les désirs des âmes sont trop petits pour mériter que l'on s'entretue et que l’on s'épuise pour eux.
Pour le pieu, mieux vaut affronter la mort au sombre visage que le mépris.
Si l'on pouvait vivre à jamais, quel sens y aurait-il au courage ?
Et puisqu'il faut que l'homme meurt, qu'au moins ce ne soit pas en lâche
 
Sur le femme il disait ;
Et, si toutes les femmes étaient semblables à
celles que nous avons perdues (les vraies femmes)
On aurait (alors) préféré les femmes…aux hommes !
La féminité (du nom) du soleil n’a jamais été une tare !
Et, la masculinité (du nom) de la lune, n’est pas un signe de grandeur ! (D’éloges)
Remarque :
En langue arabe, le soleil est féminin et  la lune est masculin.

La poésie arabe est d'une immense richesse et pourtant souvent méconnue dans le monde occidental. D'une part, il est très difficile de faire une bonne traduction permettant de rendre la musicalité et la beauté des vers arabes. D'autre part, les préjugés actuels envers le monde arabe empêchent beaucoup de se souvenir que la civilisation arabe plus que millénaire est aussi une des plus raffinées et qu'elle fut aussi source d'inspiration pour de nombreux poètes d'occident, fascinés par l'orient et les mythes des mille et une nuits le peuplant.
 

Source : Bibliothèque Islamique.

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Ibn Rochd renda son dernier souffle à Marrakech en 1198,loin de Cordoue sa ville natale et  loin des siens après été Condamné à l’exil forcé pour hérésie,
Grand théologien musulman, parfait connaisseur du Coran et du Hadith qu’il a appris par coeur dés son plus jeune âge, Ibn Rochd manifesta dés le début de sa scolarité son intérêt pour la philosophie et particulièrement pour les  travaux d’Aristote et d’Ibn Sina.
Très tôt, Ibn Rochd découvre l’origine du  blocage qui caractérisait déja les sociétés musulmanes.  Ses travaux, symbolisèrent à jamais les capacités intellectuelles du monde musulman . Sa condamnation,demeure une date symbolique marquant des clôtures dogmatiques qui nous enferment tout en nous empêchant d’aborder la renaissance et l’humanisme du 14e siècle .
Très critique vis à vis de la médiocrité, du fatalisme et du conservatisme qui dominaient à cette époque le monde musulman, convaincu par la nécessité d’user de la raison  comme support de la religion, Ibn Rochd,décida de procéder à une analyse critique des travaux du conservateur Abou Hamed Al Ghazali (1058 – 1111) qui fut à cette époque et bien après, considéré  comme la référence intellectuelle par excellence .
Dans son livre intitulé : l’incohérence de l’incohérence  Ibn Rochd, passa au peigne fin le fameux livre publié par Abou Hamed Al Ghazali sous le titre de : L’incohérence des philosophes.
Le philosophe Andalou, rejeta ainsi la condamnation de la philosophie et de la pensée rationnelle faite  par son ainé Abou Hamed Al Ghazali .
Ibn Rochd quitta ce monde dans des circonstances malheureuses, sans que ses travaux ne soient prises au sérieux par ses coreligionnaires. Pire, Ibn Taymia éloigna un peu plus les musulmans de la pensée rationnelle en décrétant la philosophie comme un acte illicite et en considérant Ibn Rochd comme Kafir
On ne sait pas de quelle manière il a rendu son dernier souffle à Marrakech, mais un témoin occulaire à l’époque, un grand maître du soufisme, cheikh Mahieddine Ibn Arabi se trouva comme par hasard à Marrakech, il a vu un baudet transportant un cadavre errant dans les rues, poursuivis par des enfants qui lui lançaient des pierres, il jeta un coup d’œil sur la dépouille et reconnaissa Ibn Rochd. Ibn El Arabi avait compris depuis ce moment, que l’Islam était en danger…jusqu’à ce jour.
Dans ses livres, Ibn Al Arabi rapporte qu’alors qu’il n’avait que 8 ans, son père le présenta au grand Ibn Rochd à Cordoue . Ibn Al Arabi rapporte aussi,sa participation aux funérailles d’Ibn Rochd comme signe de soutien et de rejet au sort réservé au père de la pensée rationnelle musulmane . Ce qui est plus triste encore, est le sort réservé à ses travaux !

Combien de musulmans ont lu Ibn Rochd ?

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Wahrani 


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Al-Khansa, la meilleure d’entre vous.
Féerique surnom  Al Khansa est le surnom.
Donné à Tumadir  bent Amr poétesse arabe.
Fabuleuse, Al Khansa aurait vu le jour durant la période préislamique  avant 610.
Le sobriquet Al Khansa selon les historiens aurait deux significations «nez aplati et gazelle». On aimerait mieux opter pour le vocable «gazelle» plus seyant à une femme poétesse qui par ses vers a marqué son époque et continue de susciter un engouement depuis des siècles.
Nombre d’anecdotes  se rapportant à cette femme de légende ont été rapportées par Les chroniqueurs de l’époque.
D'après Ibn Qutayba, Al Khansa aurait été demandée en mariage par le poète Durayd de la tribu de Gusam. Une demande qu'elle aurait rejetée fièrement refusant de se marier hors de sa tribu. Selon une autre légende la poétesse se serait rendue au marché où se retrouvaient les poètes afin de soumettre leurs poèmes à  al-D'ubyani.
Entendant la poésie d'Al-Khansa' venue après eux, al-D'ubayni se serait exclamé:
 
«Par Dieu, si Abu Bas'ir  ne m'avait pas déjà récité ses vers je t'aurais déclaré la 'meilleure poétesse d'entre les djinns et les hommes'!»
 
Les historiens soulignent l'attachement d'Al Khansa pour ses frères, principalement pour l’un d’eux  pour son frère  Sakhr. Ce dernier par tendresse partage sa fortune et en donne la meilleure part à Al-Khansa' qui aidera son mari ruiné.
A la mort de Sakhr, Al Khansa  le pleure jusqu'à en devenir aveugle. Elle se convertit à l'Islam après sa rencontre avec le prophète Mohamed (ﷺ) et serait morte sous le califat entre 634 et 644 sous le califat de Omar Ibn el Khattab.
À un Compagnon qui lui a un jour dit que le plus talentueux des poètes de l’époque était Amrû Al-Qays, le prophète Mohamed (ﷺ)  répondit :
"Le meilleur de nos poètes, c'est Khansâ bint Amrû".
Preuve, s’il en est que le messager d’Allah tenait la femme de lettres en haute estime. Il lui demandait d’ailleurs souvent de déclamer ses vers et disait à ce propos :
"N'y a-t-il pas de la magie dans certains vers de poésie ?".
Celle qui a pleuré ses deux frères morts prématurément jusqu’à l’aveuglement a exhorté ses fils après la disparition du prophète à mener le djihad au nom d’Allah à l’occasion de différentes campagnes militaires.
La mort de son frère Mu’āwiyah et de son demi-frère Sakhr, chefs de tribu tués lors d'une razzia avant la naissance de l'islam, plonge al-Khansā dans un deuil profond. Les élégies funèbres qu'elle compose à la suite de leur décès et celle écrite en l'honneur de son père feront d'elle le poète le plus célèbre de son temps. Lorsque sa tribu toute entière se convertit à l'islam, elle la suit à Médine pour rencontrer le prophète Mohamed (ﷺ).
La poétesse continue cependant à porter les vêtements de deuil traditionnels de sa tribu en signe de dévotion envers ses frères. Lorsque ses quatre fils trouvent la mort dans la bataille de Qādisiya (637), le calife ‘Umar Ier lui aurait écrit pour la féliciter de leur héroïsme et lui octroyer une pension.
Les poèmes d'al-Khansā, rassemblés sous le titre Dîwān, témoignent du fatalisme païen des tribus de l'Arabie préislamique.
Généralement courts, ils sont fortement imprégnés du profond désespoir qu'inspire la perte irréparable de la vie. Les élégies d'al-Khansā’, modèle du genre, influenceront fortement celles qui seront composées par la suite.
 
«Est-ce une poussière dans ton œil?
Est-ce une douleur?
Ou verse-­t-il des pleurs
À cause d’une demeure
Vide de ses habitants?
Mes yeux ressem­blent,
Quand son souvenir m’effl­eure,
À des torrents ruisse­lant
Sur mes joues.
Secouée par les sanglots
L’affl­igée privée de son frère
Pleure Çakhr tandis qu’un écran de terre
Fraîch­ement retournée
Le sépare d’elle à jamais.»
 
ENTRE FOSSE ET DALLE DE PIERRE...
Pleurez, mes yeux, et répandez
les dons généreux de vos larmes;
que facilement elles sourdent
et viennent innonder mes joues,
 
comme l'eau qui fuit de nos outres
pleines jusqu'au bord, à l'instant
où nous les chargeons sur les bêtes
qui doivent les porter aux champs.
 
Pleurez sur la perte d'un frère,
pleurez sur Sakhr qui pour toujours
a fait halte en lieu étroit,
entre fosse et dalle de pierre.
 
Poussière subtile amassée
aux alentours de son tombeau,
que le souffle de la tempête,
violent, divulgue et disperse...
 
C'est lui le seigneur de noblesse,
maître puissant et redouté,
lui-même issu d'autres seigneurs,
de maîtres à la tête altière.
 
Il supportait seul le fardeau
accablant des coups que frappait
le destin cruel sur l'ensemble
des malheureux de sa tribu.
 
Il allait partout pour remettre
les os fracturés en leur place,
guérir ainsi l'homme ployé,
faire cesser toutes les plaintes.
 
Quand il accordait quelque don,
c'étaient d'un seul coup cent chameaux
de race noble et généreuse,
hauts sur pieds et faits pour la course.
 
Il acceptait de pardonner
une injure, une offense grave,
à son parent, au commensal
qui avait partagé son pain.
 
Un pardon conscient et voulu
de sa part, preuve de noblesse,
quand il choisit de pardonner,
de gré fait pencher la balance.
 
Voilà celui dont autrefois
nous obtenions la guérison
pour ceux d'entre dont les membres
étaient faibles et languissants.
 
Passage dans la traduc­tion de Mme Anissa Boumed­iène («Moi, poète et femme d’Arabie», éd. Sindbad, coll. La Biblio­thèque arabe-Les Classi­ques, Paris)

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Iskander 


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@Wahrani a écrit:
Dans son livre intitulé : l’incohérence de l’incohérence  Ibn Rochd, passa au peigne fin le fameux livre publié par Abou Hamed Al Ghazali sous le titre de : L’incohérence des philosophes.
Le philosophe Andalou, rejeta ainsi la condamnation de la philosophie et de la pensée rationnelle faite  par son aîné Abou Hamed Al Ghazali .
Ibn Rochd quitta ce monde dans des circonstances malheureuses, sans que ses travaux ne soient prises au sérieux par ses coreligionnaires. Pire, Ibn Taymia éloigna un peu plus les musulmans de la pensée rationnelle en décrétant la philosophie comme un acte illicite et en considérant Ibn Rochd comme Kafir


Il n'en reste pas moins vrai que la philosophie qui cherche à théoriser la connaissance ne peut être compatible avec la pratique de l'Islam qui est la religion de la révélation, et donc de la connaissance.

Les propos d'Ibn Rochd, en tant que Musulman, ne pouvait être accepté car la foi dans la révélation est une condition essentielle à la foi dans le Coran qui est la base de la religion.

Réhabiliter la philosophie après qu'elle ait été condamnée par Al Ghazaly ne pouvait entraîner logiquement que la réaction des Ulémas à son encontre.

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