anipassion.com

Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

1Traduction du coran le Ven 31 Juil - 12:16

Salâh Ed-Dîn 


Enthousiaste
Enthousiaste
Le Coran demeure incontestablement le texte arabe le plus difficile à traduire. Oeuvre d’une  extrême finesse et complexité, eIle recèle des propriétés lexicales morphosyntaxiques et même phonologiques qui ne sont nullement l’effet  du hasard, et sans l’élucidation des quelles la compréhension demeurerait incomplète. Il se caractérise à la fois d’une simplicité des mots et d’une complexité du flux verbal. C’est ainsi que, par sa simplicité et sa clarté   extrême, le vocabulaire coranique ménage chez tout lecteur du Coran un effet majeur qui, comme le constate très correctement J.Berque (p. 734),
                 
Certaines catégories grammaticales peuvent poser des problèmes aux  traducteurs surtout si elles sont absentes dans la langue cible

C’est le cas, par exemple, de la particule de négation lâ et
des conjonctions wa et fa.
L’on peut imaginer la perplexité  du lecteur francophone devant les deux traductions suivantes du verset 16 de la Sourate 84:
fa lâ ’uqsimu bi l-chafaq

Donc non je jure par le crépuscule du soir !

Montet traduit par

« je ne jurerai pas par le crépuscule »,

Tout en ajoutant dans une note explicative en bas de la page: « Il est inutile de jurer tant la  chose est certaine ».

La traduction de la PGDRSI  s’en tient au mot à mot, puisque lâ est traduit par « non »:

« Non!... Je jure par le crépuscule ».

Il va sans dire que les deux traductions fournissent des informations tout  à fait contradictoires! Le cas échéant, ne serait-il pas plus prudent  d’ignorer complètement l’existence de cette particule problématique,   plutôt que de la traduire de façon erronée! Tel fut le choix de Noureddine Ben Mahmoud qui se contente de traduire le verset comme suit:
« Je jure par le crépuscule ».

Quant à Berque, il a traduit la particule par une interjection marquant l’exclamation:

« Oh! j’en jure par la rougeur du couchant ».
D’autres ont proposés la traduction suivante:

(Certes, j’en jure par le crépuscule)

Un examen attentif des diverses traductions françaises du Coran révèle à quel point de graves erreurs peuvent être commises par le traducteur s’il s’en tient uniquement aux dénotations des unités lexicales et néglige leurs   connotations

C’est ainsi que le verbe daraba a été complètement pris hors contexte   dans le vesret suivant où il fait partie de l’expression idiomatique arabe

«daraba mathalan »  

wadrèbe lahum mathala lhaya:ti d-dunya: (sourate 18, verset 45)

Lorsqu’il a été traduit par « frapper un exemple» (Hamidullah) plutôt que par « donner/citer/évoquer... un exemple ».
Il va de soi que « frapper un  exemple » est plutôt risible en français!
un exemple de paires de verbes causatifs  Il s’agit notamment de nazzala (faire descendre successivement) et ‘anzala (faire descendre ou révéler), deux verbes causatifs dérivés de nazala, l’un par un  procédé de redoublement de la consonne médiane,

Ainsi, nazzala signifie ‘révéler à  plusieurs reprises’, (litt. ‘faire descendre’ + une valeur répétitive),
alors  que ‘anzala signifie ‘révéler’ tout court (litt. ‘faire descendre en une  seule fois’).
Le contexte le  confirme: dans le verset 3 de la sourate de LA FAMILLE DE ‘IMRAN,  ‘anazala est employé pour parler de la révélation de la Torah et de l’Evangile qui s’est produite respectivement en un seul temps   alors que azzala correspond mieux à la révélation du Coran faite à plusieurs  reprises et sur une période de temps bien étendue :
Nazzala ‘alayka l-kitâba bi l-Haqqi muSaddiqan limâ bayna  yadayhi
Il a fait descendre sur toi le livre dans le droit confirmant ce qui entre ses mains

+ répétitif.

wa ’anzala t-tawrâta wa l-injîla min qablu hudan li l-nâssi

et a fait descendre la Thora et l’Evangile auparavant guidance aux hommes

wa ’anzala l-furqâna

et a fait descendre le Discernement  

Notons  également le verset suivant (Sourate 97, verset 4) où apparaît  le même verbe tanazzalu doté, comme nazzala de la morphologie causative, et conjugué à l’inaccompli de l’indicatif:
Tanazzalu l-malâ’ikatu wa rrûHu fîhâ bi ’idhni rabbihem

font descente les anges et l’esprit en elle avec la permission de leur Seigneur

min kulli ’amr

de toute chose

(Cette nuit-là, avec la permission de Dieu, les anges descendent sur terre  avec l’esprit qui vivifie toute chose) (trad. de Ben Mahmoud).

Tout comme nazzala, l’aoriste tanazzalu (faire descente) vise ici une  valeur répétitive.
Je serai heureux  d’avoir quelques explications quant aux remarques soulevées.

Référence.
Damascus Univ. Journal, Vol.18, No. (3+4), 2002 Louban Mouchaweh
Ben Mahmoud, Noureddine, Le Coran, traduction et notes, Dâr al-Fikre,  Beyrouth
Montet, Edouard (1958), Le Coran, traduction intégrale, by Payot, Paris
PGDRSI, (1410 de l’Hégire), Le saint Coran et la traduction en langue  française du sens de ses versets révisée et éditée par la Présidence Générale des Directions de Recherches Scientifiques, de l’Ifta, de la  Présidence et de l’Orientation Religieuse, Complexe du Roi Fahd, Al- Madina Al-Munawwarah, Royaume d’Arabie Saoudite


 

Voir le profil de l'utilisateur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum