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Les Papes et le Talmud












« Le Talmud contient des blasphèmes
contre Dieu le Christ et la Vierge Marie. »

Innocent IV (Impia Judaeorum perfidia, 1244).




Le Talmud (תַּלְמוּד « étude ») est l’un des textes les plus importants du judaïsme rabbinique, tout de suite placé après la Bible hébraïque, dont il est, en quelque sorte, le complément. Composé de la Mishna et de la Guemara, il réunit, rassemble et résume, l’ensemble des discussions rabbiniques sur tous les sujets de la Loi juive, sujets qui sont classés et partagés en six ordres (shisha sedarim, etc.), abordant tous les problèmes relatifs aussi bien à la religion, l’éthique, la morale, la vie conjugale, la médecine, l’économie, et les relations avec les non juifs [1].

Très tôt l’Eglise s’est inquiétée de cet ouvrage dont on pouvait constater l’influence nocive sur le comportement des populations juives, mais il fallut cependant attendre le XIIIe siècle pour qu’une véritable politique d’examen approfondi du contenu du texte soit entreprise afin d'en déterminer la nature exacte, et surtout qu’en soient fermement condamnées les affirmations principales et les blasphèmes absolument scandaleux que l’on découvrit dans les pages du Talmud.

I. La première condamnation : Innocent IV Impia Judaeorum perfidia

C’est à Paris, en 1240, que le premier procès du Talmud se déroula, lorsque, après avoir été expulsé de l’école juive dans laquelle il se trouvait, Nicolas Donin (+ 1287), qui s’était converti en 1235 au christianismeet devint franciscain, dénonça les principaux passages antichrétiens du texte, ceci dans une confrontation publique avec le rabbin Yehiel de Paris (+1286) qui était alors le responsable de l’école talmudique (yeshiva), confrontation où furent présents Eudes de Châteauroux chancelier de la Sorbonne,ainsi que du côté juif, Moïse de Coucy, Juda ben David et Samuel ben Salomon. Faisant suite à sa démonstration, qui épouvanta les examinateurs et théologiens ecclésiastiques dans laquelle Donin cita des passages entiers du Talmud, dont il prouva qu’il était devenu pour les juifs une autre loi (alia lex) quasi supérieure à celle de la Torah, montrant qu'il contenait d’horribles blasphèmes, encourageait à la haine envers les chrétiens et autorisait les juifs à se jouer des « goyim », de les voler voire les tuer, 24 charrettes remplies de manuscrits talmudiques furent brûlées en place de Grève le 20 juin 1242.





Les manuscrits talmudiques furent brûlés

en place de Grève à Paris le 20 juin 1242.





C’est à cette époque, en écho direct avec cette confrontation où de nombreux passages épouvantables du Talmud furent révélés aux consciences chrétiennes qui en étaient ignorantes [2], que le pape Innocent IV (1180-1254), l'un des meilleurs canonistes de son époque - reprenant les directives de Grégoire IX qui avait demandé le 9 juin 1239, suite à la promulgation de la bulle Sufficere dibuerat (l5 mars 1233),aux évêques de France de faire confisquer tous les exemplaires du Talmud - écrivit une lettre pontificale qu’il intitula : Impia Judaeorum perfidia (la perfidie impie des Juifs), publiée le 9 mai 1244, lettre adressée au roi Saint Louis (1226-1270) afin que le souverain puisse légiférer pour se protéger des idées talmudiques en France.





Innocent IV exhorta saint Louis
à brûler publiquement le Talmud,
devant le clergé et le peuple.


Dans la lettre Impia Judaeorum perfidia, Innocent IV exhortait saint Louis à brûler et faire brûler publiquement le Talmud, livre abusif, dans son royaume, devant le clergé et le peuple,(praedictum abusionis librum […] coram Clero et populo, incendio concremarint). Innocent IV indique que Jésus Christ, par sa miséricorde et sa longanimité tolère la cohabitation entre Juifs et chrétiens, mais ceci dans l’attente de la conversion des Juifs, même si ces derniers désignés comme « ingrats » n'admettent aucune repentir de leur faute et ne « révèrent pas l'honneur de la foi Chrétienne, avoir renoncé à la loi de Moise et des Prophètes, suivent quelques traditions de leurs aînés » (Ipsi enim ingrati Domino Jesu Christo […] nec reverentes honorem fidei Christianae, omissis […] lege Mosaica et Prophetis, quasdam traditiones suorum seniorum sequuntur).

C’est pourquoi le pape, s’appuyant sur saint Matthieu (XV, 3), après avoir rappelé que les Juifs ont volontairement renoncé au mandat divin à cause de leur tradition qui enseigne des doctrines faussées et les éloigne de la loi et des prophètes, soulignait que les enfants des Juifs étaient nourris et enseignés par le Talmud qui contient « des blasphèmes contre le Dieu et son Christ, la Vierge Marie, des abus faux et des bêtises inouïes » ( « sunt blasphemiae in Deum et Christum ejus, ac beatam Virginem manifestae, abusiones erroneae, ac stultitiae inauditae »). Finalement, le pape demandait expressément qu'il soit interdit aux Juifs d'avoir des serviteurs chrétiens, et que les nourrices chrétiennes n’aillent pas dans les maisons juives, de peur de donner l’impression d’encourager la perfidie judaïque.

II. Les condamnations pontificales du Talmud

Cet acte pontifical va faire autorité pendant plusieurs siècles, et c’est sur lui que vont s’appuyer tous les pontifes ultérieurs qui auront à légiférer contre les Juifs et leurs écrits. On mesure donc combien cet examen de la doctrine du Talmud, suivi de sa condamnation, va s’avérer important au cours des périodes successives de l’Eglise afin de déterminer et fixer l’attitude officielle et magistérielle de Rome à l’égard du texte talmudique.







« Les Juifs n’ayant pu anéantir le peuple chrétien
en tuant le Christ,
ont voulu le bafouer par la rédaction du Talmud,
un tissu d’horreurs anti-chrétiennes. »
Martin V, Sedes Apostolica, 1425.


a) Martin V

Les confrontations entre docteurs chrétiens et talmudistes se multiplièrent évidemment après Innocent IV, et la liste est longue retraçant l’historique des grands débats qui se déroulèrent entre rabbins et théologiens chrétiens. Ainsi à Tortosa, en 1413, à l'instigation de Geronimo de Santa Fé (Joshua Lorki), ancien érudit juif devenu chrétien et médecin du pape Martin V, on démontra que les infâme accusations talmudiques envers les païens et les apostats en des termes outrés, concernaient bien les chrétiens, obligeant Martin V à interdire aux Juifs de lire le Talmud, de par la perversité, faisant devoir aux autorités civiles et religieuses qu’elles en saisissent et détruisent toutes les copies existantes : « Les Juifs n’ayant pu anéantir le peuple chrétien en tuant le Christ ; ils ont voulu le bafouer par la rédaction du Talmud, un tissu d’horreurs anti-chrétiennes. »





« Que le Talmud,
mentionnant Jésus Christ ignominieusement
soit damné et brûlé »
Jules III, Cum sicut nuper(1554).


b) Jules III

Ce fut ensuite Jules III qui, dans sa bulle Cum sicut nuper datée du 29 mai 1554, ordonna que le Talmud et d'autres livres mentionnant Jésus Christ ignominieusement soient damnés et brûlés (damnaverint et igne comburi fecerint), demandant, de plus, que soit mise en œuvre une nouvelle investigation attentive des écritures talmudistes, stipulant que si les livres contenaient des passages blasphématoires, ils devaient être détruits et retirés des mains des Juifs, sous peine de châtiments pécuniaires ou, si leur obstination ou qualité du délit l'exige, corporelles.debitis poenis, tam pecuniariis […] quam si eorum contumacia, aut qualitas delicti exegerit, corporis »).





«Les Juifs, par leurs sortilèges, incantations,
méfaits et superstitions magiques,
exposent beaucoup de gens étourdis et infirmes
aux impostures de Satan »
S. Pie V, Hebraeorum gens (1569).


c) S. Pie V

Si dans sa bulle Hebraeorum gens du 4 mars 1569, saint Pie V ne se penche pas directement sur la question du Talmuld, expliquant que les Juifs furent méprisés et dispersés à cause de leur incroyance et parce qu'ils avaient été perfides et ingrats quand ils ont rejeté leur Sauveur par la mort indigne (perfida et ingrata suum Redemptorem indigna morte peremptum impie reprobarit), soulignant que les moyens par lesquels ils combattent la faim sont, exécrables et infâmes (foedas et infames artes, quibus famem tolerare possit), le saint pape insistait cependant sur les « sortilèges, les incantations, les méfaits et les superstitions magiques, par lesquelles ils exposent beaucoup de gens étourdis et infirmes aux impostures de Satan » (sortilegiis, incantationibus, magicisque superstitionibus et maleficiis dediti, quamplurimos incautos atque infirmos, Sathanae praestigiis inducunt »), ce qui laissait nettement supposer que les Juifs possédaient et utilisaient des ouvrages de sorcellerie et de magie, dont le Talmud faisait évidemment partie.





« L'ancienne méchanceté des juifs reste exécrée,
[eux] qui ont repoussé le fils de Dieu
et attenté à sa vie criminellement »
Grégoire XIII, Antiqua judaeorum improbitas (1581).


d) Grégoire XIII

Peu de temps après, c’est Grégoire XIII, par le motu proprio Antiqua judaeorum improbitas de 1581, désigné de par ses premiers mots « L'ancienne méchanceté des juifs reste exécrée dans les fils, d'autant plus qu'ils faillissent gravement pour accumuler la mesure de ses pères qui ont repoussé le fils de Dieu et attenté à sa vie criminellement » (Antiqua Judaeorum improbitas tanto execratior consistit filiis, quanto ipsi ad cumulandam patrum suorum mensuram in Dei filio repudiando, ejusque in mortem nefarie conspirando, gravius deliquerunt), qui réitérait les condamnations pontificales.

Dans son Motu proprio Grégoire XIII expliquait qu'après avoir été condamnés à la servitude perpétuelle et dispersés dans tous les pays du monde de par leur crime, les juifs n'ont pas trouvé plus grande clémence que dans les terres des chrétiens (non maiorem in cuiusquam ditione clementiam, quam in Christianorum Provinciis maxime vero in Apostolicae pietatis gremio invenerunt), l’Eglise s'efforçant de les attirer doucement à la lumière de la vérité. Mais, précisait Grégoire XIII, les juifs ne se sont pas adoucis, étant hostiles aux membres du Christ et n'ont pas cessé de commettre des choses effroyables contre la religion chrétienne. En conséquence Grégoire XIII autorisait les inquisiteurs à intervenir dans plusieurs cas où pouvaient s’exercer les impiétés judaïques, obligeant les évêques et tous les prélats à publier son Motu proprio, et à procéder dûment selon son contenu





« La méchanceté des hébreux répand parmi le peuple
des volumes pernicieux,
des livres impies, et complètement détestables,
damnés dans les temps anciens.»
Clément VIII, Cum hebraeorum malitia (1593).


III. Clément VIII : Cum Hebraeorum Malitia

Mais c’est principalement Clément VIII qui va se distinguer en renouvelant, le 28 février 1593 - après avoir expulsé les Juifs des Etats pontificaux par le bulle Caeca et Obdurata trois jours plus tôt (25 février 1593) [3] - dans la bulle Cum hebraeorum malitia les anciennes interdictions de lire, vendre, imprimer ou posséder des exemplaires du Talmud, s’appuyant pour ce faire sur les actes des papes antérieurs, qu’il désignait nommément : Grégoire IX, Innocent IV, Clément IV, Jean XXII, Jules III, Paul IV (Cum nimis absurdum) et Grégoire XIII, « qui ont souvent appelé ce Talmud impie, puis damné, interdit et ont souhaité que soit exterminé du monde chrétien d’autres écritures pareilles et détestées » (qui saepius impium illud Thalmud nuncuparunt, et alia similia reprobata et detestanda scripta et volumina damnarunt, et retineri prohibuerunt, seu alias ex Christiani Orbis Provinciis et Regnis pro zelo exterminarunt). Le pape Clément VIII approuvait donc et renouvelait toutes les lettres et documents qui avaient été décrétés sur ce sujet.

Ainsi dans Cum Hebraeorum Malitia, d'après ses premiers mots : « Quand la méchanceté des hébreux invente des nouvelles fourberies, par lesquelles elle répand parmi le peuple des volumes pernicieux, des livres impies, et complètement détestables, soit damnés dans les temps anciens, soit récemment interdits » (Cum Hebraeorum malitia novas in dies excogitet fraudes, quibus perniciosa volumina, librosque impios, ac plane detestabiles, tum antiquitus damnatos, tum recens conscriptos in vulgus proferat ), Clément VIII ordonnait de livrer tous les exemplaires du Talmud au feu. Mais il allait plus loin encore, en faisant interdiction à toutes les communautés juives, dans les Etats pontificaux et dehors, où que ce soit, de posséder, lire, retenir, vendre et divulguer des livres talmudiques « damnés, vains, cabalistiques et d’autres œuvres impies, interdits et condamnés par ces prédécesseurs » et d’œuvres, commentaires, volumes et écritures qui contiennent, en secret ou expressivement ( tacite vel expresse), des paroles blasphématoires ou dédaigneuses envers le Dieu, la Trinité, notre Rédempteur le Seigneur Jésus Christ, sa foi chrétienne, sa mère la Vierge Marie, les patriarches, prophètes et apôtres, les sacrements, les saintes images, l’Église Catholique, le Saint Siège.

Par ailleurs, Clément VIII annulait, révoquait et invalidait toutes les concessions, licences et permissions de retenir et lire les susdits livres, accordées par qui que ce soit même par ces prédécesseurs, et souhaitait qu’elles restent « annulées pour toujours » (Omnes vero et quascumque facultates, litteras, permissiones, indulta, tolerantias legendi, tenendi […] prohibita scripta, volumina, libros et alia supradicta […] revocamus, irritamus et annullamus, ac pro revocatis, irritis et penitus infectis in perpetuum haberi volumus »). En conséquence, le pape accordait 10 jours aux propriétaires du Talmud à Rome et 2 mois à ceux qui habitaient hors la ville après la publication de la bulle, pour livrer les écritures au clergé ou aux inquisiteurs, que ces derniers devaient brûler sur-le-champ ( a quibus postmodum nulla interposita mora comburantur […] ») [4]

IV. Le véritable contenu antichrétien du Talmud







Les condamnations pontificales infaillibles
laissent penser qu’il y avait de sérieuses raisons
de légiférer contre le Talmud.
Un des points de la controverse contemporaine dont se font l’écho les articles traitant du sujet, porte sur une prétendue « mauvaise interprétation » du Talmud par les examinateurs chrétiens, qui se seraient mépris sur les termes hébreux. Or cet argument est faux pour plusieurs raisons. Outre que les premiers censeurs du texte furent des érudits juifs convertis au christianisme comme le franciscain Nicolas Donin, ce qui laisse supposer chez eux une bonne connaissance de la signification exacte des textes talmudiques, le nombre extrêmement conséquent des condamnations pontificales assorties de l’infaillibilité laisse penser qu’il y avait sérieusement matière à légiférer. Il importe également de savoir que le Talmud fit l’objet de plusieurs éditions, mais aussi de dispositions disciplinaires de l’Eglise ayant poussé les rabbins a faire disparaître les passages les plus odieux, ce qui peut tromper ceux qui ignorent ces éléments historiques, les amenant à accepter la thèse d’une injustice à l’égard du Talmud.

Rien n’est donc plus fallacieux que les dénégations modernes concernant le contenu blasphématoire du Talmud. Il faut savoir que si le Talmud de Babylone en 1520 à Venise, suivi du Talmud de Jérusalem, furent édités dans une version intégrale bénéficiant d’un privilège papal, très vite le Vatican entreprit de détruire l’édition du Talmud, qu'elle avait antérieurement autorisée, en raison du scandale que provoquait la lecture du livre. En effet, le 9 septembre 1553, date du nouvel an juif, tous les exemplaires du Talmud furent brûlés à Rome, et la censure pontificale fut appliquée très sévèrement à la suite de la bulle Cum sicut nuper de Jules III en 1554, le Talmud étant mis en 1559 à l’Index Expurgatorius; le pape Pie IV en 1565 ordonnant même, mesure extrême, que le Talmud soit privé de son propre nom, ce qui entraîna la diffusion de l'appellation Sha"s pour le désigner.





Pie IV en 1565 ordonna que le Talmud,
de par les blasphèmes qu’il contient,
soit privé de son propre nom.


C’est donc sur une édition du Talmud « expurgée », sur laquelle se baseront la plupart des éditions ultérieures, édition publiée à Bâle de 1578 à 1581, dont est entièrement absente le scandaleux traité Avoda Zara (Idolâtrie) portant sur les non-juifs, ainsi que les passages les plus violemment anti-chrétiens; certaines phrases ou mots ayant été totalement modifiés pour ne pas susciter la colère de l’Eglise. Ainsi, les mots Min et Minim (identifiés aux judéo-chrétiens), Akoum (littéralement adorateur des étoiles mais interprété comme acronyme d'adorateurs du Christ et de Marie) etc., furent remplacés par celui, plus « neutre » de « Sadducéen ».

Par ailleurs, il est tout à fait clair que le nom de Yeshou (ישו) désignant Jésus, apparaît positivement dans le texte non censuré du Talmud de Babylone, mais la bulle papale rédigée en 1554 a entraîné le retrait de toutes références à Yeshou. Toutefois, on constate sans peine que les manuscrits du Talmud de Munich de 1342, de Paris et du Séminaire Théologique Juif, font apparaître le terme Ha-Notzri, alors que ce terme fut ajouté à la mention de Yeshu (Sanhédrin 107b, Sotah 47a, Sanhédrin 43a, Sanhédrin 103a et Avodah Zarah 16b-17a), Notzri étant utilisé en hébreu pour désigner les chrétiens Yeshou Ha-Notzri (Jésus le Nazaréen).

Devant ces évidences, les arguties de Yehiel de Paris, dès le XIIIe siècle (identiques à celles que l’on délivre aujourd’hui de partout), qui soutint pour défendre le Talmud que le Yeshou de la littérature rabbinique était un disciple de Yehoshoua ben Perahya, antérieur à Jésus de Nazareth de plusieurs siècles et ne doit donc pas être confondu avec lui, ne tient pas un instant, d’autant que l'épithète Ha-Notzri, compris comme « Nazaréen » dans les occurrences du Talmud, qui incitait à l'apostasie en faisant des miracles et ayant eu une mort violente, se rapportent incontestablement à Jésus-Christ.

a) Les blasphèmes talmudiques de Maïmonide





Moïse Maïmonide mentionne Jésus
à la manière du Talmud,
souhaitant que « ses os soient réduits en poussière » !


L’exemple le plus démonstratif de ceci nous est donné chez Moïse Maïmonide (1138-1204), où le terme Yeshou Ha-Notzri (Jésus le Nazaréen) utilisé dans le Talmud, se trouve dans son commentaire de la Mishneh Torah version non censurée (1180), qui se veut la codification définitive de la loi juive, écrivant en se référant à Jésus :

« Jésus le Nazaréen qui imaginait qu'il serait Messie et qui a été tué par la cour, […] celui-ci a amené les nations à détruire Israël par le glaive et a dispersé et humilié son peuple, il a changé la Torah, et a fait que la majorité du monde se trompe en adorant une divinité à côté de Dieu. » (Mishné Torah, Hilkhot Melakhim 11:4).

Dans un autre texte, Maïmonide mentionne Jésus de nouveau à la manière du Talmud comme modèle de ceux qui ont tenté de détruire le judaïsme par les controverses :

« Le premier à avoir adopté ce plan de détruire toute trace de la nation juive a été Jésus le Nazaréen, que ses os soient réduits en poussière... Il a incité les gens à croire qu'il était le prophète envoyé par Dieu pour clarifier les ambiguïtés dans la Torah, et qu'il était le Messie qui était prédit par chacun des prophètes. Il a interprété la Torah et ses préceptes de telle façon que cela conduisait à leur suppression totale, à l'abolition de tous les commandements et à la violation de tous les interdits. Les sages, que leur mémoire soit bénie, ayant été au courant de ses plans avant que sa réputation ne se répande parmi notre peuple, lui infligèrent une punition. Daniel avait déjà fait allusion à lui quand il présageait la déchéance d'un méchant et d'un hérétique parmi les Juifs qui tentera de détruire la Loi, se proclamera prophète, prétendra faire des miracles et affirmera être le Messie, comme il est écrit, "Et les fils sans loi parmi ton peuple se révolteront pour accomplir la vision, mais ils succomberont" (Daniel 11:14).» (Iggeret Teiman, Epître au Yemen, 1172)

Maïmonide mentionne de nouveau Jésus dans un autre passage :

« Vous savez que les chrétiens ont imputé faussement des pouvoirs merveilleux à Jésus le Nazaréen, que ses os soient réduits en poussière, tels que la résurrection des morts et d'autres miracles. Même si nous les avions admis en raison de leurs arguments, nous ne pouvions pas être convaincus par leurs raisonnements que Jésus est le Messie. Car nous pouvons apporter un millier de preuves des Écritures, qu'il ne peut pas l'être même de leur point de vue. En effet, qui désirerait s'attribuer injustement ce rang sans vouloir faire de lui-même un objet de dérision ? » (Epître au Yemen, 1172)

V. La révélation du Talmud







L’abbé August Rohling dans le « Juif talmudique »
révéla les passages censurés du Talmud.


Il faudra donc attendre le XIXe siècle - même si l'étude du Talmud en Pologne conduisit à une impression de l'édition complète avec restauration du texte original réalisée à Cracovie entre 1602 et 1605 (c'est dans un même esprit que certains demandèrent un peu plus tard qu'une traduction soit réalisée et à Vienne, demande qui fut même portée devant les corps législatifs) - pour qu’un prêtre, l'abbé Chiarini(1789-1832), professeur de langues orientales à l'université de Varsovie publie à Paris, en 1830, une volumineuse Théorie du Judaïsme, dans laquelle il fit figurer une traduction partielle du Talmud dans laquelle il révéla les passages qui avaient été expurgés et censurés, Talmud de Babylone traduit en langue Française et complété par le Talmud de Jérusalem, qu’il fit d’ailleurs éditer en 1831. Ce fut ensuit un autre ecclésiastique, l’abbé August Rohling (1839-1931), docteur en théologie, professeur d’exégèse à l’Université de Münster, chanoine de la collégiale de Prague, s’appuyant sur les travaux de Johann Andreas Eisenmenger (1654-1704), professeur d’hébreu à Heidelberg, qui se pencha avec attention sur le sujet en utilisant des versions non expurgées du Talmud, et fit paraître en 1871 un ouvrage en Allemagne : Der Talmudjude (Le Juif talmudique), publié en France en 1888 par les soins de l'abbé Maximilien de Lamarque, docteur en théologie, dans lequel il citait de très nombreux passages censurés et expurgés du Talmud.

C’est à une initiative comparable que se consacra Justin Bonaventure Pranaitis (1861-1917), prêtre catholique lituanien, professeur d'hébreu à l'Université ecclésiastique impériale de Saint-Pétersbourg, qui édita un livre qui aura un immense succès « Le Talmud démasqué », publié en latin en 1892 avec l'imprimatur de Mgr Kozlowski, l'archevêque métropolite de Moguilev, sous le titre : Christianus in Talmude Iudaeorum, — sive Ribbinicae doctrinae de christianis secreta ( « Le chrétien dans le Talmud des Juifs - ou les doctrines rabbiniques secrètes au sujet du chrétien »), ouvrage qui fit ensuite l’objet d’une polémique au prétexte que le religieux aurait utilisé des versions fautives du Talmud pour rédiger son livre. L’ouvrage, qui se présente comme une enquête approfondie sur les enseignements juifsantichrétiens, cherche à révéler ce que le Talmud contient comme passages blasphématoires, haineux et violents à l’encontre de la religion chrétienne, offrant en regard de chacune des citations latines la version hébraïque accompagnée des références contextuelles précises afin, comme le précise Pranaitis : « d’écarter l’accusation d’avoir utilisé une version falsifiée du Talmud ou de ne pas l’avoir traduit et interprété correctement, comme cela est généralement le cas lorsque l’on entreprend de révéler les secrets des enseignements juifs. »











De nombreuses citations de Pranaitis
dans le « Talmud démasqué »,
sont identiques aux passages du Talmud
condamnés par les Papes.


Il y a donc sur ce point, puisqu’une polémique surgira au sujet de l’authenticité des citations, plusieurs choses à considérer. Tout d’abord Pranaitis travaillait dans un pays orthodoxe, hors les orthodoxes n'avaient pas obligé les Juifs à épurer leur Talmud comme l'avaient fait les autorités catholiques, lui donnant d’accéder à des textes inconnus des catholiques. Par ailleurs il utilisa des extraits de l’Abhodah Zarah Tosepoth, qui ne fait pas partie du Talmud en effet, mais est cependant un recueil de commentaires du Talmud issu de ses enseignements, que l’on peut donc admettre, non comme étant le Talmud lui-même, mais au titre des ouvrages talmudiques. On voit donc que les reproches peuvent apparaître comme des arguties afin de disculper le Talmud et les ouvrages s’y rattachant, des blasphèmes antichrétiens qu’ils contiennent, arguant d’une absence de référence des extraits cités de Pranaitis dans les éditions du Talmud, ceci sans préciser évidemment que lors d’un Synode, tenu en Pologne en 1631, les rabbins de nombreux pays décidèrent officiellement de retrancher les passages antichrétiens afin d'éviter des persécutions, quoique un "O" ou le mot "haiah" (était) furent inscrits à l'endroit des passages censurés afin de les marquer (les noms faisant référence aux chrétiens étaient également remplacés par des mots se rapportant à des peuples païens disparus depuis longtemps donnant aux Juifs de prétendre que ces passages ne visaient pas les chrétiens mais des "idolâtres polythéistes"), permettant à ce que ces textes soient enseignés oralement mais échappent aux condamnations, prudence qui n’était pas celle des rabbins médiévaux et des versions du Talmud qu’ils firent éditer et auxquelles put accéder Pranaitis.



Voilà pourquoi si d’aucuns n’hésitent pas à soutenir un peu rapidement que le « Talmud démasqué » relèverait de la pure propagande et serait un faux contenant des citations imaginaires, l’assimilant aux Protocoles des sages de Sion, ce qui est pourtant très troublant c’est que les citations produites par Pranaitis sont d’une nature absolument identique à celle des passages condamnés par les Papes lorsque les versions non expurgées du Talmud furent examinées par les théologiens catholiques, ce qui entraîna la promulgation des multiples bulles pontificales qui jalonnent l’histoire de l’Eglise du XIIIe siècle à nos jours.



On trouve ainsi, pour prendre un exemple entre cent mais assez significatif, positivement dans le Talmud l’affirmation que les non juifs (goyim) ne sont pas des hommes dans Keritot 6b, affirmation réitérée dans Yebamot 61a : « Vous [juifs] êtes nommés ‘‘homme’’ [adam], et les nations du monde [goyim] ne sont pas nommées ‘‘homme’’ », ce que Pranaitis reproduit avec exactitude : « Vous [les Juifs], vous êtes qualifiés d’hommes, mais les goyim ne sont pas qualifié de la sorte. » (Cf. Kerithot 6b in Le Talmud démasqué, Imprimerie Impériale des Sciences, 1892, p. 28).

Il en va de même pour les mentions absolument blasphématoires concernant la « pendaison » de Jésus : « En ces jours-là, il y eut de nombreux combats et de grandes dissensions en Judée entre les Pharisiens et les « brigands » en Israël qui suivirent Jeshu’ah ben Pandera le Nasoréen qui fit de grands miracles en Israël jusqu’à ce que les Pharisiens l’aient vaincu et le pendirent sur un poteau. » (Sanhedrin 67a, MS Hébr. 1280, fol. 123 v, BNF).

« La veille de Pâques, on a pendu Yéshu (Jésus). Pendant les 40 jours qui précédèrent l’exécution, un héraut allait en criant : « Il sera lapidé parce qu’il a pratiqué la magie et trompé et égaré Israël. Si quiconque a quelque chose à dire en sa faveur qu’il s’avance en son nom. » Mais on ne trouva personne qui témoignât en sa faveur et on le pendit la veille de Pâques. » (Sanhédrin 43a). [5]



Conclusion







On ne peut supposer que l’Eglise
par l’autorité des Papes,
ait jugé nécessaire de condamner
infailliblement le Talmud et ses blasphèmes,
sans avoir de véritables motifs pour le faire.


C’est pourquoi, sachant la constante attitude de réprobation scandalisée de Rome à l’égard de l’enseignement talmudique, il est évident que l’on ne peut soupçonner un seul instant que l’Eglise, par la voix des Papes et de leurs déclarations officielles les plus solennelles par lesquelles ils ont engagé leur infaillibilité, se soit trompée pendant plusieurs siècles, et ait jugé nécessaire de délivrer un enseignement formel de dénonciation de l’impiété judaïque assortie de sa condamnation rigoureuse demandant à ce que le Talmud, chose exceptionnelle pour un livre, soit systématiquement détruit par le feu, retiré des Etats chrétiens, inscrit pour ne jamais plus en sortir à l’Index Expurgatorius.

Ainsi un pontife, Pie IV, ira même jusqu’à ordonner que ce livre soit privé pour toujours de son nom « tant il contenait des horreurs inqualifiables sur Christ et sa Sainte Mère ». Jules III dans Cum sicut nuper ordonnant quant à lui que le Talmud qui « mentionne Jésus Christ ignominieusement » soient damnés et brûlés, alors qu’Innocent IV dans Impia Judaeorum perfidia, exhorta saint Louis à le brûler publiquement.





Saint Jean de Capistran apparaissant à
saint Pierre d'Alcantara. Luca Giordano, XVIIe.



Tout ceci nous conduit donc à penser, à la suite de saint Jean de Capistran (1386-1456) le grand prédicateur franciscain du XVe siècle, qu’il n’est pas anodin que saint Thomas d’Aquin (1225-1274), docteur de l’Eglise, dont les œuvres étaient placées sur l’autel pontifical tout à côté de la Sainte Ecriture lors du concile de Trente, ait jugé utile de faire figurer cet avertissement concernant les Juifs et leur doctrine impie, dont le Talmud fournit un témoignage effrayant, dans la Somme Théologique :

« Ne les fréquentez qu’en cas de nécessité, et si vous êtes fermes dans la foi. Évitez d’entretenir avec eux des rapports de familiarité si votre religion vacille et si rien ne vous oblige à les voir. » (Somme II-II, q. 10, art. 10).





En effet, la foi chrétienne peut être mise en danger par les erreurs judaïques et talmudiques ainsi que le soulignait déjà Nicolas IV (+1292) dans sa bulle Turbato corde (5 septembre 1288), ce qu’il est aisé de constater en une période où, à la faveur d’une coupable désorientation, un philo-judaïsme absolument contraire à la sainte doctrine s’est introduit dans l’Eglise : « …De très nombreux chrétiens, reniant la Foi catholique, l’échangent pour le rite judaïque, chose digne de condamnation…Contre tous ceux qui ont commis pareille chose, comme contre les hérétiques et aussi contre ceux qui les favorisent, les protègent ou les défendent, procédez avec acharnement. » (Turbato corde, 1288).










Notes.

1. Il y a en réalité deux Talmuds :

- Le Talmud de Jérusalem, achevé vers la fin du IVe siècle, compilé dans l'académie tibérienne de Yohanan ben Nappaha, la tradition attribuant la rédaction de ce Talmud à Rav Mouna et Rav Yossi en 350.

- Le Talmud de Babylone (Talmud Bavli), qui comprend la Mishna et la Guemara babylonienne, dont la compilation est attribuée à deux Sages babyloniens, Rav Achi (président de l'académie de Soura de 375 à 427), et Ravina.

Quoique le Talmud Yerushalmi est souvent fragmentaire et de lecture aride, même pour le talmudiste chevronné, alors que la rédaction du Talmud Bavli est plus précise et travaillée, la loi exposée dans les deux compilations est globalement identique.



2. Il existe une relation en latin et en hébreu de la disputatio de Nicolas Donin et Yehiel de Paris qui eut lieu du 25 au 27 juin 1240,formant deux textes : Extractiones de Talmud, composés sur les ordres d’Eudes de Châteauroux, et la version hébraïque Wikkuah Rabbenu Yehiel mi Paris. (Cf. Le Brûlement du Talmud à Paris (1242-1244), Nouvelle Gallia Judaïca, Cerf, 1999).



2. La bulle Caeca et Obdurata (25, II, 1593), commence ainsi : « La perfidie aveugle et insensible des hébreux est non seulement ingrate envers le Seigneur et le Rédempteur de l'espèce humaine qui leur fut promis et naquit de la semence de David, mais encore elle ne reconnaît pas la miséricorde envers eux de l'Église qui attend patiemment leur conversion. » (Caeca et obdurata hebraeorum perfidia, non solum ingrata est in Dominum, ac Redemptorem humani generis Iesum Christum Dei Filium ipsis promissum, et ex semine David secundum carnem natum, sed neque etiam sanctae Matris Ecclesiae, ipsorum conversionem, patienter expectantis, magnam erga eos misericordiam agnoscit). Le pape rappelle les bulles Cum nimis absurdum de Paul IV et Hebraeorum gens de Saint Pie V, par laquelle les juifs furent expulsés de tous le domaines des États pontificaux sauf Rome et Ancône. Accusant les juifs d'avoir arraché de ses prédécesseurs quelques permissions et de les avoir abusées, il explique qu’ils ont ruiné et assiégé beaucoup de citoyens et habitants des États pontificaux et les ont dépourvus de leurs biens (plurimos cives et incolas ditionis temporalis ecclesiasticae, ubi commorantur, misere exhauserint, circumvenerint, bonis spoliaverint) et ont fait cela contre les lois divines, naturelles et humaines par de hautes et graves usures qu'ils exigent des pauvres et indigents, par de monopoles illicites, des fraudes et des ruses dans le rassemblement (des usures). Ainsi ils ont amené surtout des gens simples et des villages à l'extrême privation et mendicité et presque à l'esclavage (tenuis potissimum fortunae homines, praesertim rusticos et simplices, non solum ad extremam inopiam et mendicitatem, sed propemodum in servitutem redegerint).Motivé par ces plus graves raisons, le pape décide de faire sortir de ses peuples une telle nation, pour laquelle l'expérience montre qu'on peut espérer beaucoup plus de détriment que de bien de celle-là (huiusmodi nationem a plerisque ex nostris Populis, apud quos experientia docuit eam multo plus detrimenti afferre, quam boni ab ipsa sperari queat, censuimus omnino expellendam). En apprenant quelle pie et bénigne indulgence fut donné aux juifs par ses prédécesseurs suivants qui avaient espéré à riposter ainsi la malice juive contre les fidèles, le pape Clément VIII décide de révoquer, abolir et annuler les privilèges et permissions données par Sixte V et d'autres prédécesseurs dans la part où elles contredisent les lettres de Clément VIII, de Paul IV ou de Saint Pie V. Le pape accorde aux juifs trois mois pour quitter tous les domaines des États pontificaux, et exhorte ceux qui restent à Rome, d’observer les constitutions de Paul IV et Saint Pie V.

3. Les dispositions de la bulle Cum Hebraeorum Malitia, sont d’une grande sévérité :

« §6 Les juifs, mais aussi les typographes et les marchands, qui possèdent, impriment, lisent, décrivent, vendent ces écritures ou les donnent comme exemple, encourent le risque des punitions corporelles, de l’excommunication et de la confiscation des biens.

§7 Ceux qui donnent des conseils ou offrent leur aide aux juifs afin qu’ils transportent, lisent, écrivent ou impriment tels livres, encourent les même risques.

§8 Le pape ordonne les inquisiteurs de chercher ces livres (perquisitionner), personnellement ou par les personnes qu’ils envoient, scrupuleusement dans les endroits où habitent les juifs, dans les synagogues et les lieux publics mais aussi dans les foyers privés et les ateliers ou dans les bibliothèques chrétiennes; et de procéder contre ceux qui auront été trouvés coupables par les susdites ou par d’autres (aussi graves) mesures à leur avis.

§11 le pape déclare qu’il sera interdit à tout le monde de heurter ces interdictions, dérogations et annulations ou de procéder contrairement à leur contenu. Si quelqu’un osait le faire, il encourra l’indignation de l’omnipotent Dieu et des apôtres Pierre et Paul. »

4. Si de nombreux rabbins et commentateurs modernes soutiennent, par évidente mauvaise foi, qu'il n'y a pas de relation dans le Talmud entre Yeshou et Jésus, Juda Halevi et Moïse Nahmanide, érudits hébreux, considèrent et affirment au contraire que ces références à Yeshou se rapportent positivement et sans aucune contestation possible, à Jésus Christ. On veut nous convaincre que dans la littérature midrashique classique, écrite entre 200 et 700 de notre ère, qu’une variante de Yeshoua, pourrait être un acronyme pour l'expression hébraïque "yemach shemo vezichro" (ימחשמווזכרו) « Que son nom et sa mémoire soient effacés ». Mais les nombreuses mentions d'Edom, faisant référence à la chrétienté dans le Talmud, et qui mettent en relation Yeshou (qui n’est pas un terme générique pour désigner les "séducteurs" qui attirent les Juifs hors du judaïsme), et dont la « mère » aurait été « violée par un général grec » (sic), et de ben Stada au nom duquel sont rapportées des halakhot hérétiques, sont bien des désignations identifiant clairement Jésus de façon blasphématoire : « Jésus a séduit les Israélites, il les a corrompus et il a détruit Israël.» (Sanhedrin 107b) ; « Un Nazaréen est quelqu’un qui suit les enseignements fallacieux de cet homme [Jésus] qui leur a enseigné à célébrer le premier jour du Shabbath. » (Abhodah Zarah 6a).

5. La première mention de la pendaison de Jésus dans le Talmud se trouve dans Sanhédrin 43a, après la Mishna והכרוזיוצאלפניווגו. Les 2 Baraïtot qui lui font suite sont censurées mais sont dans les חסרונות. Il est aisé de le vérifier dans le seul manuscrit complet du Talmud, d’origine française, conservé à la Staatsbibliothek de Munich, [BSB Cod .hebr. 95 ], daté, d’après le colophon, de 1342.



Par ailleur, les 35 chefs d'accusations retenus contre le Talmud lors du procès de 1240 ont été mis par écrit dans l'ouvrage Extractiones de Talmud, ce qui permet de connaitre certains passages condamnés par Innocent IV :

X. "Parmi eux (les scribes et les docteurs du Talmud) il y en a qui ont donné pour loi : 'Le meilleur des chrétiens, tue-le'!" : (… ) "Rabbi Siméon dit : 'Le meilleur des chrétiens, tue-le; le meilleur des serpents, écrase-lui la tête'… Le meilleur des chrétiens peut donc être tué comme un méchant."

XII. "Un chrétien peut être trompé, par ruse ou artifice, sans péché." : "Ceci se lit dans l'Ordre Yeschuot, traité Baba-Kamma (fol. 38, a), chapitre Schor, (…) ; dans la Mischna (…). Par là les docteurs prouvent et disent que Dieu a livré aux juifs tous les biens des autres nations."

XXX. "Trois fois par jour, dans la prière qu’ils regardent comme la plus importante, ils maudissent les ministres de l'Eglise, les Rois, et tous les autres, mêmes juifs, qui sont les ennemis des juifs."

(Cf. Le Brûlement du Talmud à Paris (1242-1244), Nouvelle Gallia Judaïca, Cerf, 1999).








03:58 Publié dans Des livres, Doctrine, Dogmatique, Dogme, Eglise catholique, Histoire, Papauté, Pape, Religion, Rome, Théologie, Vatican | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette

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