Il y'a une volonté de présenter la mort de Jésus comme un sacrifice animal, l'agneau; voir par la suite d'un humain chez les populations païennes qui n'ont aucune notion de l'holocauste puisque n'étant pas juifs. Je pense que si on ne naît pas juif ou païen à ce moment là de l'histoire, on ne peut pas comprendre. Il s'agit surtout d’interprétations pour donner un sens à la mort de Jésus.
Jésus dérange et se voit mettre à mort par les Romains, ce qui n'a rien de rare à ce moment là. Il l'accepte entièrement ce qui en fait un enseignement pour ses disciples. Il n'est pas rare que certaines personnes accomplies spirituellement, s'étant défaite de tout attachement avec le monde, regardent la mort comme une simple illusion par rapport à la vie éternelle.
Il parle de sa mort comme l'accomplissement de sa mission, voir de la fin des temps qui fait incursion dans le présent. C'est ce qui va marquer la différence avec une attente future classique. Ici l'espérance future devient déjà disponible dans le présent. C'est une particularité de l’eschatologie chrétienne qui est souvent mise de côté. C'est pourtant ce qui fait vraiment de Jésus un messie, sinon il n'en a pas les caractéristiques.
"Jésus leur répond : Voici venue l'heure où doit être glorifié le Fils de l'homme" (Jean 12.23)
"En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle." (Jean 12,24-25)
"C'est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors ; " (Jean 12.31)
"Tout est accompli" (Jean 19.30)
On a déjà un indice au sujet de la mort de Lazare ici, Jésus n'a pas du tout la même façon de concevoir la chose. La réaction de Thomas qui se corrige en dit long : "Allons aussi, afin de mourir avec lui". Le texte jongle sur 2 plans, il passe d'une description historique à une connotation symbolique.
"Après ces paroles, il leur dit : Lazare, notre ami, dort; mais je vais le réveiller. Les disciples lui dirent : Seigneur, s'il dort, il sera guéri. Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil. Alors Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort. Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n'étais pas là. Mais allons vers lui. Sur quoi Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : Allons aussi, afin de mourir avec lui." (Jean 11.11-16)