
Les inondations, qui constituent le type de catastrophe naturelle le plus fréquent,
se multiplient dans le monde entier. Les villes en expansion rapide de l'Asie de l'Est sont particulièrement vulnérables, car l'urbanisation galopante, la croissance démographique et le changement climatique exacerbent les risques, indique un nouveau rapport publié par la Banque mondiale appelant à « une gestion intégrée des risques d'inondation en milieu urbain au XXIe siècle » (Cities and Flooding: A Guide to Integrated Urban Flood Risk Management for the 21st Century). Si la population est résiliente, elle supporte des dégâts et des préjudices considérables.
Pour eux, il faut améliorer les plans d'urbanisme pour gérer les inondations.Comme Lim Chanmealea, ceux qui habitent des zones inondables prennent les choses en mains pour se protéger, au moyen de sacs de sable, de remblais et de pompes ou en déplaçant leur mobilier... Autant de stratégies qui illustrent parfaitement la notion de « résilience ».
Saranyathorn Chaoman (ou Ped selon son surnom), qui travaille au service des douanes à Bangkok, a été victime des inondations massives qui ont frappé la Thaïlande en 2011. Elle vit avec son époux et ses deux enfants près du district de Saimai, l'un des premiers touchés. Chez elle, l'eau est montée à environ un mètre, la contraignant à se réfugier dans un hôtel.
« Nous avons beaucoup dépensé pour protéger notre maison, construire des murets de retenue et boucher les caniveaux,
mais les inondations ont dépassé tout ce que nous avions imaginé », se souvient Ped. Elle devait débourser l'équivalent de 10 dollars pour aller vérifier l'état de sa maison en bateau. En temps normal, ce petit trajet lui aurait coûté à peine 0,70 cent à motocyclette.
Après les inondations, tous les prix ont augmenté.À Jakarta, qui accueille 250 000 nouveaux habitants chaque année,
l'urbanisation rapide aggrave la situation. Ilah vit dans le même quartier depuis 40 ans. « Les inondations ont commencé à empirer après 1975. Depuis, nous en avons une tous les mois. La pire a été celle de 2007. J'ai dû grimper sur le toit d'une école comme un singe, tout en portant mon bébé d'un an. De là, on m'a évacuée en canot pneumatique. »
C'est le même récit que l'on entend dans toute la région
À Phnom Penh,
« le rythme effréné de la construction empêche l'eau de pluie de s'écouler. Et il n'y a pas vraiment de réseau d'évacuation », observe Lim Chanmealea. Pendant les inondations de 2008,
« les égouts ont débordé. Nous pataugions tous dans l'eau putride, même les enfants. Près de mon village, cinq personnes d'une même famille sont mortes électrocutées.
Des gens ont attrapé la gale. Des vélos, des motocyclettes et bien d'autres objets ont été détruits ».
De tels dégâts peuvent ruiner la vie des gens. Dans la province laotienne de Vientiane, touchée par une grave inondation en 2007, Bounhom Panyavong, agriculteur dans le village de Kaeng-yang (district de Hadsaifong), explique :
« Nous avons subi un gros manque à gagner parce que l'inondation a détruit la majeure partie de ma récolte et ma production de riz est passée de 10 à 4 sacs. »Dans le même district, Pae Vongkhosy, qui possède un commerce dans le village de Bor-Oh, confirme : « Nous avons beaucoup perdu car de nombreux poissons sont morts dans notre pêcherie. Notre habitation était toute sale et nous avons dû monter les meubles à l'étage. »
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